Eunuques de France (ou francophones) au secours
Posted: Fri Aug 27, 2010 10:45 pm
Il Ă©tait une fois... alors que... plus tout Ă fait enfant, pas encore adolescent alors que tous les garçons s'intĂ©ressent Ă leur pĂ©nis et Ă leurs testicules et se moquent des filles qui n'en ont pas, je me regardais dans la glace et me demandais pourquoi ce petit pĂ©nis joint Ă mon anus qui me donnait tant de plaisir devait se prĂ©senter dĂ©sormais avec ces appendices-lĂ ... A cause de ces appendices devais-je avoir dĂ©sormais honte de ces merveilleuses sensations ressenties parcourant tout mon corps Ă la seule vue des hommes dans la rue, sur les plages, dans les magazines ? Attirance prĂ©coce, violente, visible dĂ©sir des hommes, des hommes de leur dĂ©marche, leur carrure, leur musculature etc. Je les dĂ©sirais de tout mon corps, dĂ©sirant en ĂȘtre entiĂšrement pĂ©nĂ©trĂ©, pĂ©nĂ©trĂ© de cette force, de la virilitĂ© mĂȘme. Mais voilĂ , dĂ©sirer des hommes lorsqu'on n'Ă©tait pas une femme ça voulait dire ĂȘtre un homo, un pĂ©dĂ©, et donc astreint Ă tout un tas de choses sauf aimer / ĂȘtre aimĂ©. Les hommes ordinaires, les nombreux, lorsqu'ils faisaient l'amour avec un autre homme demandaient tout ce qui me dĂ©plaisait, moi, irrĂ©sistiblement attirĂ© par l'Homme, moi qui n'Ă©tait pas une femme mais investi de cette jouissance fĂ©minine celle que connue TirĂ©sias exacerba la jalousie des dieux olympiens...
N'ai-je jamais pensĂ© comme le prescrivent aujourd'hui les nouveaux canons sexuels tirĂ©s du discours scientifique et ses hypothĂšses scabreuses - avec tout le jargon tirĂ© de l'exĂ©crable DSM IV et ces dysphories de sexe / genre, compulsion etc. - ignorant volontairement la complexitĂ© de la nature humaine, n'ai-je jamais acceptĂ© alors d'ĂȘtre simplement une femme dans un corps d'homme ? Non. Seulement un homme, fleur ouverte, pour l'Homme et homme pour moi-mĂȘme, totalement homme « aprĂšs l'amour » infiniment plus homme que jamais. Accompli. Alors quoi ? Je suis une mĂąle. Au dĂ©but de la maturitĂ© (en 1993) j'ai explorĂ© littĂ©rairement et graphiquement mes fantasmes de castration et le Phantasme plus originel qui les fondait, j'ai cherchĂ© Ă m'informer et consulter, envisager de me faire castrer. Mon dĂ©sir d'ĂȘtre castrĂ© Ă©tait clair ; jouir pleinement de ma passivitĂ© mais prĂ©server un corps viril, une masculinitĂ© affichĂ©e. Aucune information ne m'ayant Ă©tĂ© fournie, sinon Ă mesure oĂč E.A Ă©tait Ă©pris des discours mĂ©dicaux et surtout sous l'emprise d'un moralisme religieux, plĂ©thore d'informations techniques, de mises en garde aussi floues qu'impĂ©ratives avec surtout une volontĂ© farouche d'exclure tout Ă©rotisme... On ne parlait que sexualitĂ©. Alors j'ai cru comprendre que ce que je souhaitais c'Ă©tait vouloir le beurre et l'argent du beurre ... la castration chimique fĂ©minisait, la castration chirurgicale semblait priver de tout, et la castration rituelle ne conduisait qu'Ă des accidents souvent mortels ... J'ai alors compris (vraiment ?) que je ne pouvais appartenir Ă aucun groupe avec qui Ă©changer dans la vie de tous les jours, ici en France, ce qui n'est pas que « fantaisies », et donc, que par manque de ces contacts ... je ne serais jamais cet homme libĂ©rĂ© pouvant se donner, sans cette excroissance, insulte Ă la virilitĂ©, Ă un mari qui aurait dĂ©sirĂ© cette castration juste pour confirmer une union ... ce n'est pas Ă 62 ans avec la gĂ©rontophobie des gays que ... avec l'Ăąge ça devient de plus en plus vraisemblable que je vais devoir vivre en fantasmes, en virtuel... sans plus. A moins que ... Mais, non, je vais vivre un conte de fĂ©e, le raconter, histoire sans fin... il Ă©tait une fois... Ă des eunuques rĂ©els ou imaginaires sur la toile et sur le terrain.